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La tortue verte ou tortue franche - Chelonia mydas

Paru le 11 Nov 2011 , modifié le 03 Janv 2013 à 11h14. Vu 4618 fois
Catégorie : Les Reptiles Actuels > Les Testudines > Les tortues marines 0 Créateur : Ejo
  • Règne : Animal
  • Embranchement : Chordés
  • Classe : Reptiles
  • Sous-classe : Cheloniens
  • Ordre : Testudines
  • Sous-ordre : Cryptodires
  • Super-famille : Chelonioidea
  • Famille : Cheloniidae
  • Genre : Chelonia
  • Sous-genre : Chelonia mydas
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Description

La tortue verte, ou tortue franche, est l'un des plus grands spécimens de tortues marines : sa taille est comprise entre 1 et 1,2 mètres de long, et son poids est d'environ 200 kg (voire 300kg pour certains spécimens des Caraïbes). La tortue verte grandit tout au long de sa vie bien que la croissance ralentisse avec l'âge. À l'état sauvage, cette espèce peut vivre jusqu'à l'âge de 80 ans.

La carapace ovale et aplatie de la tortue verte est de couleur brune, avec par endroits des taches jaunes, vertes ou noires, qui s'accentuent avec le temps ; elle est composée de plaques lisses qui ne se chevauchent pas les unes, les autres. Le plastron est, lui, de couleur jaunâtre.

La tête des tortues vertes est plus petite, en proportion par rapport au corps. Elle est recouverte d'écailles brunes avec un léger liseré de couleur claire. Le museau est rond et court. Les membres antérieurs munis d'une seule griffe, les "palettes", ressemblent à des pagaies, une forme très hydrodynamique. Ce qui permet à Chelonia mydas de se mouvoir avec grâce, mais aussi d'être une admirable nageuse, avec une vitesse de près de 35 km/h.

Photographie de Mila ZinkovaIl existe deux sous-espèces de tortue verte :

  1. La tortue franche d'Atlantique (Chelonia mydas mydas)
  2. La tortue noire (Chelonia mydas agassizii) ou tortue franche du Pacifique

Les chercheurs ne sont pas tous d'accords quant à ce classement, mais à ce jour, ces sous-espèces ont été approuvées par les sommités dans ce domaine.

Image : Photographie de Mila Zinkova

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Milieu et habitat

Chelonia mydas est présente dans les eaux tropicales et subtropicales du monde entier. Il y a deux grands foyers de peuplement de l'espèce : la population de l'Atlantique et celle du Pacifique, qui constituent les deux sous-espèces de tortues vertes (cf. § ci-dessus). En France, on peut observer des tortues vertes en Guadeloupe et en Martinique.

La tortue verte vit dans les eaux peu profondes et riches en plantes marines herbacées, dont elle se nourrit. Mais on peut également l'apercevoir dans des zones très profondes des océans, ou même sur la plage où elle prend parfois le soleil comme d'autres reptiles marins.

La distance que parcourent les adultes entre les herbiers (zones d'halimentation) et la zone de nidification est très grande : au moment de la reproduction, les tortues peuvent franchir 1000 km pour se rendre à la zone de ponte. Ainsi, la tortue franche couvre de vastes territoires maritimes.


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Régime alimentaire

La tortue verte a un régime herbivore, composé d'algues et d'herbacées marines, notamment des zostères, des plantes vivaces en forme de rubans. On les trouve majoritairement dans des zones appelées "herbiers", qui constituent en quelque sorte les "garde-manger" des tortues marines.

Les juvéniles peuvent aussi manger des invertébrés marins (méduses, vers,...) et des oeufs de poissons ; mais à mesure qu'ils grandissent, leur consommation de végétaux augmente jusqu'à devenir la seule nourriture consommée chez les adultes.

Le nom de "tortue verte" n'est pas dû à la couleur de sa carapace, mais à celle de sa chair ! Ce serait en raison de son régime alimentaire, que Chelonia mydas est nommée de cette manière. La chlorophylle contenue dans les algues et herbacées marines, consommées en grande quantité, teinterait en vert sa graisse, donnant l'impression que sa peau est verdâtre. Et la carapace de la tortue verte est, quant à elle, de couleur brune !


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Reproduction

  1. Copulation : dans des eaux peu profondes, à environ 1km du site de nidification ; tous les 2 à 4 ans.
  2. Nidification : sur la plage (ou dans le secteur) où les femelles sont nées ; au crépuscule.
  3. Cavité corporelle : la femelle creuse une fosse d'une fois et demi son épaisseur, au-dessus de la ligne de marée haute (qui délimite l'endroit à partir de laquelle la marée ne monte plus) ; pour s'abriter pendant la ponte.
  4. Puits de ponte : trou de 70 cm de profondeur.
  5. Ponte : 100 à 200 oeufs ; pendant 20 minutes. L'oeuf de la tortue verte est mou, de la taille d'une balle de golf, et pèse environ 5 à 6 kg.
  6. Recouvrement du nid : pour protéger les oeufs du soleil, de la chaleur et des prédateurs.
  7. La femelle efface les traces de son passage sur la plage afin de dérouter d'éventuels prédateurs.
  8. Incubation : sa durée dépend de la température du milieu, entre 40 à 75 jours.
  9. Eclosion.

La femelle répètera ce processus environ six fois, pendant un mois et demi, jusqu'à l'épuisement du stock de sperme, nécessaire à la fécondation des oeufs.

 

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Juvéniles

Les nouveaux-nés s'aident de leurs nageoires pour émerger du nid enfoui et, une fois à la surface, attendent de s'adapter à la température de la plage. Puis, les petites tortues vertes traversent la plage pour plonger dans la mer, où elles passeront les deux prochaines années, à nager activement et à manger du plancton et des invertébrés : c'est le stade juvénile pélagique.

Au stade pélagique, succède le stade juvénile benthique, lorsque les petites tortues mesurent environ 20 à 25 cm. Cette période de leur vie est caractérisée par un changement progressif du régime carnivore à celui d'herbivore. De plus, les juvéniles benthiques nichent plus près des côtes qu'auparavant, et adoptent une nage plus passive, appuyée sur les courants océaniques.

Les années qui constituent les deux stades juvéniles, seront les plus dangereuses de leurs vies : les petites tortues seront très vulnérables, et constitueront ainsi des proies faciles pour les prédateurs marins.

La maturité sexuelle a lieu entre 10 et 24 ans ; à partir de ce moment, il existe un dimorphisme sexuel marqué chez Chelonia mydas : les mâles ont la queue plus longue que les femelles ; en revanche, celles-ci sont plus grandes et atteignent un poids plus conséquent.

 

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Prédation et menaces

Les tortues franches ne sont pas des prédateurs, et leur carapace mise à part, elles sont assez vulnérables. Ainsi, elles sont la proie privilégiée des oiseaux de mer, des crabes, des gros poissons et des requins, notamment les requins-tigres.

Sous le sable, les oeufs sont directement menacés par les insectes, bien qu'ils soient à l'abri de plus gros prédateurs. À l'éclosion, alors qu'ils sont à découvert, les juvéniles peuvent être pris en chasse par les crabes, oiseaux et mammifères se nourrissant habituellement sur les plages. Arrivés dans l'eau, ils risquent d'être attrapés par les poulpes, les calamars et les gros poissons pour qui ils constituent des proies appréciables.

Mais ce qui forme la plus grande menace pour la tortue verte, c'est l'Homme. Celui-ci consomme sa chair (et ses oeufs) depuis l'Antiquité, où les nobles la considéraient comme un mets de choix. Au fil des siècles, la population humaine augmentant, un vaste réseau de pêche intensive s'est installé autour du monde, les populations extrêmes orientales étant les principaux clients de ce commerce. L'Homme utilise également sa carapace pour fabriquer des objets en écailles de tortue.

En France, la fabrication et le commerce d'objets en écailles de tortue, ainsi que la pêche à la tortue en vue de ces actions, sont illégaux et répréhensibles par la loi.

L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) classe la tortue verte dans les espèces en danger d'extinction. Cette situation est dûe à la pollution des milieux marins, qui met en danger nombres d'autres espèces animales, en mettant à mal la chaîne d'alimentation et en multipliant les risques de maladies telle que la fibropapillomatose (maladie de peau) qui touche plus de 90% des tortues vertes de la zone Hawaïenne. L'espèce est également menacée par la destruction des lieux de pontes, due au tourisme estival et à l'urbanisation du littoral. Cela met gravement en danger la pérennité de la tortue verte.

En France, il existe deux programmes de protection de la tortue verte (ainsi que de cinq autres espèces de tortues) : le Plan de restauration des Tortues Marines de Guadeloupe et le Plan de restauration des Tortues Marines de Martinique. En effet, c'est dans les eaux qui bordent ces deux Départements d'Outre-Mer qu'on peut observer la tortue verte.

Interdiction de pêcher la tortue verte que ce soit dans le cadre de l'alimentation ou de l'élevage. Conformément aux dispositions de l'article 8 et de l'annexe II de la Convention de Washington du 3 mars 1973.


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